Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas franchement envie de rire, vu l'actualité du moment. La mort d'un ou d'une enfant par l'intermédiaire d'un tiers (et là pour ce week end on a été gâté), je trouve que c'est la chose la plus horrible qui soit. Je ne suis pas mère, mais j'imagine ce que doit représenter la perte d'un enfant.

J'ai le souvenir de ce qu'avait ressenti ma mère lorsque mon frère, qui était très jeune (7 ans), était parti de l'école une heure trop tôt, et était rentré à pied (11km) à la maison. Sauf que dans les premières heures, nous ne le savions pas, et lorsque maman est venue à 17h chercher son "rejeton", il n'y avait personne. Mon frère était sorti à 16h (il avait oublié qu'il devait aller à l'étude) et ne voyant pas sa maman, "il avait eu l'idée de faire le trajet que sa maman faisait en voiture".

La police était venue au bureau de ma mère, avait commencé l'enquête de proximité. On imaginait le pire... Quelle ne fut pas ma surprise vers 20h, en voyant arriver mon frère à la maison, complètement sur les rotules avec son sac. Il avait bien croisé des automobilistes qui lui avait proposé de l'emmener, mais il s'était souvenu "qu"il ne devait pas monter dans une voiture qu'il ne connaissait pas". Nous avions tous eu une bonne frayeur, et celà a permis à mon frère d'avoir une chouette montre, avec explication de la "grande aiguille et la petite aiguille".

Coïncidence, j'ai vu ce week-end l'excellente émission "Faîtes entrer l'accusé" qui portait sur l'affaire Ranucci, et la mort de la petite Marie Dolores. J'étais un peu trop jeune en 1974 pour me rappeler de cette affaire, et même si j'en avais entendu parler, je n'avais pas tous les éléments. Et j'avoue que l'analyse des faits par Christophe Hondelatte m'a laissé un sentiment de malaise. Je n'ai jamais été pour la peine de mort, et encore moins en voyant comment celà se passait (guillotiner un homme à 4h du mat sans même qu'il y soit préparé...). Dans l'affaire Ranucci, tout porte à croire que ce pauvre jeune homme s'est trouvé là au mauvais moment. Une femme jurée au moment de l'affaire expliquait que lors des délibérations (au bout de 2 jours de procès !), les jurés entendaient la foule crier "A mort, à mort !" à l'extérieur.

30 ans plus tard, la petite Madison vient d'être retrouvée morte, et la foule réclame la mort pour un homme qu'a priori tout accuse. Même si les faits semblent établis, cet homme doit avoir un procès. Et il vaudrait mieux qu'on le surveille avant qu'il ne se suicide, et que sa mort ne laisse que des questions sans réponses...